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VICTOR-HUGO ESPINOSA
"Une chose qui me caractérise, c’est d’avoir une énergie presque incontrôlable qui me pousse à agir. Je dis parfois que j’ai une centrale nucléaire dans le derrière. Et ça, je le dois à la dictature de Pinochet. Avant d’être torturé et emprisonné, j’étais un «con moyen» qui ne s’intéressait pas à grand-chose à part à lui-même et aux filles. J’étais un clown, mais je n’avais aucune notion de la politique. En prison, je me suis rendu compte de la signification de la liberté. Une fois libre, je me suis dit à moi-même: «Mon petit con, désormais tu vas lutter partout où tu seras pour aider les gens qui souffrent, parce que maintenant tu ne peux pas dire que tu ne sais pas.» Depuis, j’ai découvert qu’il existait une dictature plus grande encore que celle de Pinochet, et c’est celle de l’économie. La dictature de la croissance aveugle est en train de tuer la Terre – et nous avec. J’ai découvert un enjeu et une cause encore plus importante encore que l’humanisme, et c’est la Terre. Mais pour moi, la Terre est précieuse parce qu’il y a des hommes dessus. Je préfère donc parler d’« écologie » plutôt que d’« environnement » : l’écologie intègre la présence humaine."
(c) Extrait de l'ouvrage "Marseille, énergies et frustrations", éditions Autrement, mai 2006 |