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(c) Geoffroy Mathieu

JULIE DE MUER
directrice de Radio Grenouille

 

"Je suis arrivée à Marseille après la fin de l’aventure du Batofar, qui était au départ une création expérimentale, et qui était devenu en quelques années une référence, une marque, et une espèce de fantasme pour tout le monde: pour la police, pour les musiciens électro, pour les friches, pour l’institution... Le projet fonctionnait sur un modèle d’économie mixte; à un moment donné, aller plus loin vers la recherche de la rentabilité modifiait trop le projet – du moins tel que nous, ceux de l’association, on le concevait. Il y a eu une sorte de guerre des tranchées. À l’issue d’une année de procédure, les gens de l’association sont partis. Le 31 décembre 2002, l’aventure était finie pour moi.

Depuis le début de cette histoire, sept ans avaient passé... Sept ans pendant lesquels j’avais bossé comme une folle; j’étais littéralement épuisée. J’en avais marre des 6 000 francs par mois. Sur le plan esthétique, je ne voyais rien de stimulant. C’était vraiment la fin d’un cycle – également au niveau âge. En plus, ça coïncidait avec une échéance personnelle: j’étais enceinte. Bref, le climat général était à la fuite. Il fallait quitter Paris !"

 

(c) Extrait de l'ouvrage "Marseille, énergies et frustrations", éditions Autrement, mai 2006

 

           

 

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