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KENY ARKANA
rappeuse

 

"Je ne veux pas me la jouer old school, mais je n’arrive pas à concevoir le rap comme du pur divertissement. Je ne comprends pas les rappeurs qui vont dire: «J’ai fait de la prison, c’est de la bombe.» J’ai envie de leur demander: «Tu dirais la même chose à ton petit frère?»

Moi, ce monde, il ne me plaît pas. Mais mon message ne consiste pas à dire: «C’est la merde, il faut tout casser. » Si tu veux changer le monde, très bien, commence par changer dans ta tête. On n’est pas nombreux à avoir la parole, alors autant essayer d’en faire bon usage. Même si le rap a toujours eu pour moi une dimension d’exutoire, j’estime que j’ai une responsabilité importante par rapport aux textes que j’écris. Je ne peux pas prôner la destruction et l’autodestruction.

Quand j’étais petite, j’écoutais les rappeurs bien plus que mes parents ou mes professeurs. Les minots écoutent ce que tu leur racontes. Je m’autocensure dans le message, pas dans la forme. J’écris tous les jours, mais je jette beaucoup de textes, que je trouve trop négatifs. Ça m’a fait du bien de les écrire, ça m’a défoulée, mais ça n’a pas besoin d’être enregistré. Je n’enregistre pas tout ce que j’écris, et je ne grave pas tout ce que j’enregistre. C’est pour ça que je n’accepterais pas qu’une maison de disques me censure: la censure, je m’en occupe déjà toute seule!"

 

(c) Extrait de l'ouvrage "Marseille, énergies et frustrations", éditions Autrement, mai 2006

 

           

 

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