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HENDRIK STURM
artiste promeneur

 

"J’ai lu dernièrement L’Homme qui marche, de Jirô Taniguchi. C’est l’histoire d’un type contemplatif qui décide de participer. Il y a quelques jours, avec un ami, au Merlan, on a sauté dans un bassin privé après une après-midi immobiles à peindre. La propriétaire est venue pour indiquer que c’était un espace privé. On était un peu gênés parce qu’on était nus. C’était un plaisir très personnel et très anecdotique, mais qui en même temps s’intègre dans un art de vivre à Marseille.

Une des choses qui me tiennent à coeur, c’est un art de vivre en harmonie avec la géographie, au moment où ils sont tous deux en train d’être saccagés. Par exemple, l’aménagement de jardins dans la vie en campagne. Ça disparaît à la vitesse grand V, mais on peut encore le vivre, ça n’est pas encore seulement livresque. Tout comme les gens qui chassent en ville; il reste une propriété au Roucas-Blanc, où l’on chasse en ville. Il y a aussi une communauté de gitans qui chassent à la Viste. J’aurais beaucoup de mal à caractériser de façon abstraite et générale le paysage urbain marseillais.

Si je ferme les yeux et que je pense à Marseille, je vois plutôt des trajectoires que des caractéristiques. Je préfère décrire un parcours, des passages bizarres, forts, que de rendre ça de nouveau abstrait. Je ne suis pas encore capable de proposer l’image synthétique du territoire urbain marseillais. Bien sûr, Marseille est une ville de ruptures, de discontinuités, de contrastes. Mais on
retrouve ça ailleurs. Je me promène aussi dans des villes chinoises ou autrichiennes, et on trouve ça là-bas."

 

(c) Extrait de l'ouvrage "Marseille, énergies et frustrations", éditions Autrement, mai 2006

 

           

 

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