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EL HASSAN BOUOD
"Tout a commencé en 1984-1985 par l’obtention d’une carte de commerce – même pas une carte de travail – et par une grosse envie de travailler. J’étais venu rejoindre mon grand frère Mohamed, déjà installé en France. En général, les Maghrébins font du commerce en France avec un tiroir-caisse et en gardant les centimes. Moi, j’avais dix-neuf ans, j’arrivais tout juste du Maroc, et je me disais qu’il ne fallait pas venir en France pour du provisoire. En France, le champ est large et ouvert : tu sais que tu as aussi ta chance. Dans les premiers temps, il a fallu se lancer, se confronter à beaucoup de choses. L’ordinateur et le comptable, je les ai pris dès ma deuxième année d’activité. La comptable me coûtait 13 000 francs bruts par mois. Au Maroc, on me prenait pour un fou. Mais c’est elle qui m’a appris le français, et à lire les journaux économiques."
(c) Extrait de l'ouvrage "Marseille, énergies et frustrations", éditions Autrement, mai 2006 |