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(c) Geoffroy Mathieu

ERIC CASTALDI
architecte

 

"En 1993, le Port a dit: «On démolit le silo.» On a fait travailler des architectes, ils ont dit non. J’ai aussitôt fait une lettre à La Provence pour présenter un contre-projet. J’ai présenté un budget, et j’ai dit que, si le port le vend pour un euro, je peux sortir des logementsà 7 500 francs le mètre carré. Je voulais en faire la deuxième «maison du fada». Jusqu’en 2000, personne ne m’a appelé. D’ailleurs, je n’ai jamais travaillé de ma vie pour la mairie, ni le conseil régional, ni le conseil général, seulement pour l’État parce que, là, il n’y a pas besoin d’être du sérail.

J’ai attrapé Weiss en 1994. Lui, il voulait tout casser. Puis on m’a présenté Muselier. J’ai parlé du silo chaque fois que j’ai vu Muselier. Je lui ai expliqué, et il a compris. En 1996, ils voulaient y faire un hôtel. C’était le meilleur des programmes. Mais Accor a dit qu’il n’y avait pas de marché. En 2000, le Port a lancé un appel à projet. Ce jour-là, j’ai répondu au cahier des charges – ils voulaient un équipement public. Je savais que Muselier cherchait par ailleurs une salle de spectacle.

En 2001, j’ai finalement gagné le concours avec un projet de salle de spectacle. Ils m’ont signé un contrat. Et là, les ennuis ont commencé. La mairie a commencé à dire que les dimensions du silo ne permettaient pas de faire une salle de spectacle. Je suis allé les voir, je leur ai montré un plan que j’avais avec moi, ils ont trouvé ça bien, et je leur ai dit: «Eh bien, ça, c’est l’Olympia. Le silo a exactement les mêmes dimensions.» Ça a marché; mais tellement bien que Gaudin s’est mis en tête de rebaptiser le silo l’«Olympia des mers»."

 

(c) Extrait de l'ouvrage "Marseille, énergies et frustrations", éditions Autrement, mai 2006

 

           

 

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