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NICOLAS DANGLADE
"Pour moi, la pop renvoie à la fois à une exigence de qualité et à quelque chose de populaire. La pop, c’est aussi bien The Jam, Barbara, Rain que la disco. La musique, c’est ça, des histoires de gens, tes histoires à toi quand tu as quinze ans et que tu écoutes des disques avec le casque de ta chaîne hi-fi tout seul dans ta chambre. Regarde, je sors des disques au hasard de mon placard: une compilation de funk improbable, du Gainsbourg, l’intégrale des Beatles, un disque féministe des années 1970, produit à Marseille par un label installé rue Pastoret qui s’appelait Expression spontanée... En pop, il n’y a pas de règles stylistiques, mais il y a des règles harmoniques. Je n’ai pas de problèmes de son. J’accepte tout. La pop, c’est une démarche, pas un style. Je me fous de la pop à guitares anglaise, des puristes qui s’interdisent d’écouter autre chose que ce qui a été chroniqué par les Inrocks et Magic, et le NME avant eux. Des mélodies, tout le monde peut en trouver quinze par jour; par contre, jouer sur les harmonies, ça, c’est autre chose, c’est ce qui donne du liant aux notes, tu as beau faire cuire les meilleures pâtes du monde, sans la sauce et l’huile d’olive, tu ne m’en feras pas manger. L’absence d’a priori et de ségrégation : c’est ça, le miroir que me renvoient Quaisoir et Kid Francescoli, avec qui on travaille. Quaisoir, c’est du songwriting américain chanté en français. Quelque part entre Bob Dylan et Dominique A. Kid Francescoli, c’est un mélange entre Air, les Beach Boys, dans un climat autant italien que West Coast – Naples et San Francisco. Je trouve intéressante l’idée de faire un label de pop à Marseille: on associe souvent Marseille et le populaire, mais je trouve que malheureusement ça s’arrête souvent là. Cela dit, on ne fait pas de la «pop marseillaise»: à Marseille ou ailleurs, ce qu’on aurait fait, on l’aurait fait comme ça."
(c) Extrait de l'ouvrage "Marseille, énergies et frustrations", éditions Autrement, mai 2006 |