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SYLVIE AMAR et YANNCK GONZALEZ
"Le Yachting Club de la pointe Rouge voulait un outil pour les écoles qui permette de voir ce que c’est que la mer Méditerranée. On a fait appel à Éric Samakh, un artiste qui travaille beaucoup dans la nature, dans les arbres, et qui fait toujours des interventions très minimales, souvent dans des rapprochements entre la nature et la technologie. Il a présenté un projet : un aquarium, avec une caméra immergée et une caméra extérieure, reliée à un joystick. Samakh a dessiné l’intérieur de l’aquarium, et il a installé les caméras. On a monté ce projet sur la base d’un partenariat scientifique avec la fondation Paul Ricard, qui nous a donné les premiers poissons. Maintenant, l’aquarium est pris en charge par les membres du club. Ils pêchent les poissons, ils les mettent en quarantaine... Un jour, ils y ont mis un poulpe, le lendemain, il n’y avait plus rien. Une autre fois, il y a eu une variation de température de deux degrés, et tous les poissons sont morts. C’est étonnant, de constater la fragilité d’un tel écosystème. Pédagogiquement, c’était donc très efficace. Tous les membres du club l’ont vu: voilà ce qui va se passer en Méditerranée si ça continue. Notre démarche, c’est de montrer qu’un artiste, avec sa créativité, peut être efficace dans une problématique donnée. Il va fournir une réponse artistique, esthétique, par laquelle il va mettre sa créativité au service de la société. Dans le même esprit, Samakh avait fait ailleurs un «bestiarium»: tu étais dans une cage en verre, avec les animaux dehors."
(c) Extrait de l'ouvrage "Marseille, énergies et frustrations", éditions Autrement, mai 2006 |